Hernie discale cervicale C5-C6 et C6-C7 : nerfs touchés et traitement
Les hernies discales cervicales aux niveaux C5-C6 et C6-C7 représentent ensemble plus de 80% de l'ensemble des hernies discales cervicales. Ce n'est pas un hasard : ces deux niveaux correspondent aux segments les plus mobiles de la colonne cervicale, et donc les plus exposés aux contraintes mécaniques répétées. Une hernie à ces niveaux comprime respectivement la racine C6 (hernie C5-C6) ou la racine C7 (hernie C6-C7), entraînant une névralgie cervico-brachiale avec des symptômes très caractéristiques dans le bras et la main.
Le Dr Christian Dimitriu, neurochirurgien exclusivement spécialisé dans la chirurgie du rachis, consulte à Paris et en Île-de-France. Dans cet article complet, il vous explique comment différencier une hernie C5-C6 d'une hernie C6-C7, quels nerfs sont touchés, comment les traiter et quand envisager la chirurgie.
Anatomie du rachis cervical : comprendre les disques et les nerfs
Le rachis cervical est composé de 7 vertèbres cervicales (C1 à C7), séparées par 6 disques intervertébraux. Chaque disque est constitué d'un anneau fibreux externe (annulus fibrosus) et d'un noyau gélatineux central (nucleus pulposus). Les disques jouent le rôle d'amortisseurs et permettent la mobilité du cou.
Entre chaque paire de vertèbres cervicales, deux racines nerveuses émergent du canal rachidien par les foramens intervertébraux (un de chaque côté). La convention de nommage est importante : la racine C6 émerge entre C5 et C6 (au niveau du disque C5-C6), et la racine C7 émerge entre C6 et C7 (au niveau du disque C6-C7). Ces racines vont ensuite former le plexus brachial, qui innerve l'ensemble du membre supérieur.
Lorsque le nucleus pulposus se fissure à travers l'annulus et fait saillie vers le foramen intervertébral, il peut comprimer la racine nerveuse adjacente. C'est ce qu'on appelle une hernie discale cervicale postéro-latérale. Si la hernie est médiane, elle peut comprimer la moelle épinière elle-même, provoquant une myélopathie cervicale.
Hernie discale C5-C6 : racine C6, pouce et index
La hernie discale cervicale C5-C6 comprime la racine nerveuse C6. C'est l'une des deux hernies cervicales les plus fréquentes, touchant surtout les patients entre 40 et 55 ans, souvent actifs professionnellement avec des postures prolongées devant écran ou des gestes répétés.
Territoire sensitif C6 : pouce, index, face radiale de l'avant-bras
La racine C6 innerve la face externe (radiale) du bras et de l'avant-bras, ainsi que le pouce et l'index. En cas de compression, le patient ressent :
• Une douleur irradiante partant du cou, descendant dans l'épaule, la face externe du bras, l'avant-bras radial, jusqu'au pouce et à l'index.
• Des fourmillements ou engourdissements spécifiquement localisés au pouce (signe cardinal de l'atteinte C6).
• Une hypoesthésie (diminution de la sensibilité au toucher) dans ce même territoire.
• Des paresthésies nocturnes qui réveillent le patient, souvent confondues avec un syndrome du canal carpien.
Réflexe bicipital et faiblesse musculaire
La racine C6 innerve principalement le muscle biceps brachial et le muscle supinateur. En cas de compression significative :
• Le réflexe bicipital (ou stylo-radial) peut être diminué ou aboli : c'est un signe neurologique objectif important.
• Une faiblesse de la flexion du coude peut apparaître, rendue manifeste en demandant au patient de plier le coude contre résistance.
• Une faiblesse de la supination de l'avant-bras (geste de tourner une poignée de porte) peut être notée.
• Dans les formes sévères, une amyotrophie (fonte musculaire) du biceps peut s'observer.
Confusion possible avec le syndrome du canal carpien
La hernie C5-C6 peut être confondue avec un syndrome du canal carpien car les deux provoquent des fourmillements dans les doigts, notamment au pouce. Cependant, le syndrome du canal carpien est dû à une compression du nerf médian au poignet et touche surtout les 3 premiers doigts (pouce, index, majeur). La distinction repose sur l'examen clinique et l'EMG, qui permet de localiser précisément le siège de la compression nerveuse.
Hernie discale C6-C7 : racine C7, majeur et triceps
La hernie discale cervicale C6-C7 est la plus fréquente de toutes les hernies cervicales, représentant à elle seule 40 à 50% des cas. Elle comprime la racine C7, dont le territoire sensitif et les fonctions motrices sont très caractéristiques.
Territoire sensitif C7 : majeur, annulaire, face dorsale de l'avant-bras
La racine C7 innerve la face postérieure du bras et de l'avant-bras, ainsi que le majeur principalement et parfois l'annulaire. En cas de compression :
• La douleur descend dans la face postérieure du bras et de l'avant-bras jusqu'au majeur (doigt le plus long), signe très caractéristique de l'atteinte C7.
• Les fourmillements sont localisés au majeur et parfois à l'annulaire.
• Une hypoesthésie de la face dorsale de l'avant-bras et du majeur est retrouvée à l'examen.
• Certains patients décrivent une douleur en « barre » à la face postérieure du bras.
Réflexe tricipital et faiblesse du triceps
La racine C7 innerve principalement le muscle triceps brachial (extenseur du coude) et les muscles extenseurs du poignet et des doigts. En cas de compression :
• Le réflexe tricipital peut être diminué ou aboli : c'est le signe neurologique de référence pour l'atteinte C7.
• Une faiblesse de l'extension du coude peut être notée (difficulté à pousser avec le bras tendu).
• Une faiblesse des extenseurs du poignet peut gêner les gestes fins, comme taper sur un clavier.
• Dans les cas sévères, une amyotrophie du triceps peut s'observer à l'inspection.
Confusion avec un syndrome du canal de Guyon ou une épicondylite
La hernie C6-C7 peut être confondue avec plusieurs pathologies du membre supérieur. L'irradiation jusqu'au majeur et à l'annulaire peut évoquer un syndrome du canal de Guyon (nerf ulnaire), mais ce dernier touche l'annulaire et l'auriculaire (côté ulnaire). La douleur à la face postérieure du bras et à l'avant-bras peut faire penser à une épicondylite latérale, mais l'épicondylite n'irradie pas depuis le cou. L'IRM cervicale et l'EMG permettent de trancher.
Double hernie C5-C6 + C6-C7 : prise en charge spécifique
La présence simultanée d'une hernie discale C5-C6 et C6-C7 — on parle de double hernie cervicale ou d'atteinte bi-étagée — n'est pas rare et représente environ 15 à 20% des hernies cervicales chirurgicales. Elle peut donner un tableau clinique mixte, associant des symptômes C6 et C7, parfois difficiles à démêler cliniquement.
Tableau clinique mixte
En cas de double hernie, le patient peut présenter :
• Des fourmillements diffus dans la main, touchant à la fois le pouce (C6) et le majeur (C7).
• Une faiblesse à la fois de la flexion du coude (C6) et de l'extension du coude (C7), réduisant significativement la force du membre supérieur.
• Une diminution des deux réflexes bicipital et tricipital.
• Une douleur plus diffuse, moins facile à localiser.
Prise en charge chirurgicale de la double hernie
Lorsque la chirurgie est indiquée pour une double hernie, le chirurgien peut opérer les deux niveaux lors de la même intervention (ACDF bi-étagé). La décision repose sur la corrélation entre la clinique et l'imagerie IRM : si un seul niveau est symptomatique, seul ce niveau sera opéré. Si les deux niveaux compriment des racines et que le traitement conservateur a échoué, une ACDF sur deux niveaux est réalisée, avec mise en place de deux cages et d'une plaque. Cette procédure bi-étagée est bien codifiée et donne d'excellents résultats, avec un taux de succès comparable à l'ACDF mono-étagée.
Diagnostic : IRM, clinique, EMG
L'examen clinique
L'examen neurologique par le Dr Dimitriu comprend systématiquement :
• Le testing sensitif (sensibilité au toucher léger et à la piqûre dans les dermatomes C6 et C7).
• Le testing moteur (force musculaire cotée de 0 à 5 selon la classification MRC : biceps pour C6, triceps pour C7, extenseurs du poignet pour C7).
• La recherche des réflexes ostéo-tendineux (bicipital, stylo-radial, tricipital).
• Le test de Spurling (compression axiale de la tête inclinée en rotation du côté douloureux) qui reproduit la douleur radiculaire dans plus de 50% des cas.
• Le test d'abduction de l'épaule (Shoulder Abduction Relief Test) : soulever le bras soulage la douleur par décompression foraminale.
L'IRM cervicale
L'IRM est l'examen clé. Elle visualise :
• La hernie discale : sa localisation (postéro-latérale, foraminale, médiane), son volume, son type (protrusion, extrusion, séquestration).
• Le degré de compression de la racine nerveuse dans le foramen.
• L'état de la moelle épinière pour éliminer une myélopathie (signal intra-médullaire en hypersignal T2).
• Les autres niveaux cervicaux pour évaluer l'ensemble du rachis cervical.
L'IRM est indispensable avant toute décision thérapeutique — infiltration ou chirurgie. Consultez également notre page complète sur la hernie discale cervicale.
L'EMG (électromyogramme)
L'EMG est indiqué en cas de :
• Doute diagnostique (différencier une hernie cervicale d'un syndrome du canal carpien, d'une neuropathie ulnaire ou d'une plexopathie).
• Déficit moteur pour en quantifier la sévérité et orienter le pronostic de récupération.
• Discordance clinico-radiologique (symptômes sans hernie visible à l'IRM, ou hernie visible sans symptômes).
• Bilan préopératoire dans les cas complexes.
Traitement conservateur pendant 6 à 8 semaines
Dans 70 à 80% des cas, la hernie discale cervicale C5-C6 ou C6-C7 guérit spontanément grâce au processus de résorption naturelle du fragment hernié. Le traitement conservateur est toujours la première ligne thérapeutique, sauf urgence neurologique.
Médicaments
• Antalgiques (paracétamol, tramadol) : pour soulager la douleur nociceptive.
• AINS (ibuprofène, naproxène) : pour réduire l'inflammation péri-radiculaire, pendant 5 à 10 jours.
• Corticoïdes oraux (prednisone 1 mg/kg/j pendant 5 jours) : très efficaces dans les formes aiguës hyperalgiques avec gros œdème radiculaire.
• Gabapentinoïdes (prégabaline 75-150 mg/j) : pour la composante neuropathique (fourmillements, brûlures).
• Myorelaxants (méthocarbamol, tétrazépam) : en cas de contractures musculaires cervicales importantes.
Kinésithérapie cervicale
La kinésithérapie est débutée après la phase aiguë (généralement après 2 à 3 semaines). Elle comprend des techniques de mobilisation passive, des tractions cervicales douces, des massages, du renforcement musculaire des muscles profonds cervicaux, et des conseils posturaux. L'objectif est de décomprimer progressivement la racine et de renforcer le complexe musculo-ligamentaire cervical pour prévenir les récidives.
Minerve souple
Le port d'une minerve souple pendant la phase douloureuse aiguë peut soulager les patients en limitant les mouvements qui aggravent la compression foraminale (extension, rotation). Il est recommandé de limiter le port à quelques heures par jour et à 2 à 4 semaines maximum.
Infiltrations foraminales cervicales
Lorsque le traitement médical est insuffisant après 3 à 4 semaines, les infiltrations foraminales de corticoïdes constituent l'étape suivante. Réalisées sous guidage scanographique, elles délivrent un anti-inflammatoire puissant directement au contact de la racine C6 ou C7 comprimée.
Technique et résultats
L'infiltration foraminale cervicale est un geste de radiologie interventionnelle réalisé en ambulatoire, sous contrôle scanographique continu. Une aiguille fine est guidée jusqu'au foramen intervertébral C5-C6 ou C6-C7 du côté symptomatique, et un mélange d'anesthésique local et de corticoïde (triamcinolone ou méthylprednisolone) est injecté. Le patient est surveillé 30 à 60 minutes puis rentre chez lui.
L'effet peut débuter en 24 à 72 heures et durer de quelques semaines à plusieurs mois. Le taux d'amélioration significative est de 70 à 80%. Une à trois infiltrations espacées de 2 à 4 semaines peuvent être proposées. Si trois infiltrations restent insuffisantes, la chirurgie est discutée. Pour plus d'informations sur les infiltrations, consultez notre article sur la névralgie cervico-brachiale et ses traitements.
Chirurgie : ACDF ou prothèse discale cervicale
La chirurgie est indiquée après échec du traitement conservateur bien conduit (6 à 8 semaines), en cas de déficit moteur progressif, ou en cas de douleur hyperalgique résistant à tous les traitements. Le Dr Dimitriu réalise ces interventions dans plusieurs établissements d'Île-de-France.
L'ACDF (Anterior Cervical Discectomy and Fusion)
L'ACDF est la technique chirurgicale de référence mondiale pour les hernies discales cervicales. Elle consiste à :
1. Voie d'abord antérieure : une incision horizontale de 3 à 4 cm dans le pli du cou, qui permet d'atteindre le rachis cervical en écartant les muscles cervicaux sans les couper, préservant ainsi leur fonction.
2. Discectomie : ablation complète du disque hernié (C5-C6, C6-C7 ou les deux) sous microscope opératoire, avec décompression soigneuse de la racine nerveuse et éventuellement de la moelle.
3. Mise en place d'une cage intersomatique : une cage en PEEK (polyétheréthercétone) ou en titane, remplie d'os spongieux autologue ou de substitut osseux, est insérée dans l'espace discal pour maintenir la hauteur et favoriser la fusion.
4. Stabilisation par plaque (optionnelle) : une plaque en titane vissée sur les corps vertébraux peut être ajoutée pour renforcer la stabilité, surtout dans les ACDF bi-étagés.
L'opération dure 45 à 75 minutes sous anesthésie générale. Le patient est hospitalisé 1 à 2 nuits. Une minerve semi-rigide est portée 4 à 6 semaines. La reprise d'activité légère est possible dès 3 à 4 semaines, et le retour au travail sédentaire en 4 à 6 semaines.
La prothèse discale cervicale (arthroplastie)
La prothèse discale cervicale est une alternative à l'ACDF qui préserve la mobilité du segment opéré. Après la discectomie, le disque est remplacé par un implant articulé (prothèse de type Mobi-C, Prestige, Prodisc-C) qui mime les mouvements naturels du disque intervertébral en flexion, extension et rotation.
Indications préférentielles : patients jeunes (moins de 55-60 ans), un seul niveau opéré (C5-C6 ou C6-C7, pas les deux simultanément), absence d'arthrose facettaire sévère, sans instabilité radiologique, et sans ossification du ligament longitudinal postérieur.
Avantages : préservation de la mobilité cervicale au niveau opéré, réduction théorique du stress mécanique sur les niveaux adjacents (prévention de la maladie du niveau adjacent).
Inconvénients : contre-indiqué dans certaines configurations anatomiques, coût plus élevé, risque d'ossification péri-prothétique à long terme. Les résultats sur la douleur sont comparables à l'ACDF à 5 et 10 ans selon les grandes études randomisées.
Résultats chirurgicaux
Le taux de succès chirurgical pour une hernie discale cervicale C5-C6 ou C6-C7 est excellent :
• Douleur radiculaire : disparition ou réduction majeure dans 90 à 95% des cas dès les premières semaines postopératoires.
• Paresthésies : régression en quelques semaines dans la majorité des cas.
• Déficit moteur : récupération progressive, souvent complète si la durée du déficit était inférieure à 3 mois. Plus longue si le déficit était ancien (jusqu'à 6-12 mois).
• Fusion après ACDF : obtenue dans 95 à 98% des cas à 6 mois.
• Taux de satisfaction global : 90 à 95% à 1 an, stable à 5 et 10 ans.
Récupération post-opératoire
La récupération après une chirurgie cervicale pour hernie discale est généralement rapide :
• J0-J2 : hospitalisation, lever le jour même ou le lendemain, début de la marche.
• Semaine 1-2 : retour à domicile, gestion de la douleur cervicale post-opératoire (légère), port de la minerve. La douleur radiculaire dans le bras disparaît souvent dès les premiers jours.
• Semaine 3-6 : arrêt progressif de la minerve, reprise des activités légères, conduite automobile possible vers la 4e semaine.
• Mois 2-3 : kinésithérapie cervicale de rééducation, reprise du sport doux (marche, natation).
• Mois 3-6 : reprise complète des activités, contrôle radiologique (radiographies debout) pour vérifier la fusion.
• Mois 6-12 : consolidation complète de la fusion pour l'ACDF, vérification IRM si nécessaire.
Pour plus d'informations sur la récupération après chirurgie rachidienne, consultez notre article dédié : récupération après chirurgie du rachis.
Quand consulter en urgence ?
Certaines situations nécessitent une consultation neurochirurgicale urgente :
• Déficit moteur progressif : toute faiblesse croissante du bras (difficulté à lever le bras, à tenir un objet, faiblesse de la prise) impose une consultation dans les 24 à 48 heures.
• Myélopathie cervicale : troubles de la marche (démarche instable, troubles de l'équilibre), maladresse des mains (difficulté à boutonner, à écrire), signes pyramidaux aux membres inférieurs — ces signes imposent une IRM en urgence et une chirurgie souvent rapide. Consultez notre page sur la myélopathie cervicarthrosique.
• Douleur hyperalgique résistant à tous les traitements médicaux : indication chirurgicale en urgence relative.
• Atteinte bilatérale avec faiblesse des deux bras : signe d'alarme, IRM urgente.
Questions fréquentes
La localisation peut être orientée par les symptômes. Une hernie C5-C6 comprime la racine C6 : elle provoque une douleur qui part du cou, descend dans l'épaule, l'avant-bras et va jusqu'au pouce et à l'index. Le réflexe bicipital peut être diminué. Une hernie C6-C7 comprime la racine C7 : la douleur descend dans le bras jusqu'au majeur et à l'annulaire, avec une faiblesse possible du triceps. Le réflexe tricipital peut être aboli. Mais l'examen clinique seul ne suffit pas : l'IRM cervicale est indispensable pour confirmer le diagnostic, localiser précisément la hernie et évaluer le degré de compression radiculaire. Une EMG peut être ajoutée en cas de doute ou de déficit moteur.
Dans 70 à 80% des cas, oui. La plupart des hernies discales cervicales régressent spontanément en quelques semaines à quelques mois grâce au processus de résorption naturelle du fragment hernié. Le traitement conservateur — reposant sur les anti-inflammatoires, les antalgiques, la kinésithérapie cervicale et parfois le port d'une minerve souple — est suffisant dans la grande majorité des cas. Les infiltrations foraminales de corticoïdes peuvent accélérer la guérison et sont proposées en cas de douleur rebelle. La chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec après 6 à 8 semaines de traitement bien conduit, ou en présence d'un déficit moteur progressif ou d'une myélopathie associée.
C'est une excellente question fréquemment posée. Une hernie discale C6-C7 comprime la racine C7 et provoque des fourmillements dans le majeur et l'annulaire, parfois confondus avec un syndrome du canal carpien qui touche également pouce, index et majeur (territoire du nerf médian). Ces deux pathologies peuvent coexister — on parle alors de syndrome du double écrasement (double crush syndrome). L'EMG permet de les distinguer précisément. Il est important de ne pas opérer un canal carpien si la véritable cause est une hernie cervicale C6-C7, et vice-versa. Le Dr Dimitriu réalise systématiquement un bilan neuroradiologique complet avant toute décision chirurgicale.
L'ACDF (Anterior Cervical Discectomy and Fusion, ou arthrodèse cervicale par voie antérieure) consiste à retirer le disque hernié et à bloquer définitivement le mouvement entre les deux vertèbres grâce à une cage en PEEK ou en titane, parfois associée à une plaque. C'est la technique de référence, avec un taux de succès de 90 à 95%. La prothèse discale cervicale (arthroplastie) remplace le disque par un implant mobile qui préserve la mobilité du segment opéré. Elle est préférée chez les patients jeunes (moins de 55 ans) avec un seul niveau atteint, sans arthrose facettaire sévère. Les deux techniques ont des résultats équivalents à 5 ans sur la douleur radiculaire. L'ACDF protège mieux contre les récidives locales, la prothèse réduit le risque de dégénérescence accélérée aux niveaux adjacents.
Oui, tout à fait. Si les hernies discales cervicales touchent plus fréquemment les personnes de 40 à 60 ans, elles peuvent survenir dès 25-30 ans, surtout en cas de traumatisme cervical (accident de voiture, chute, sport de contact), de travail physique intense impliquant des ports de charges, ou de facteurs génétiques prédisposants. Chez les personnes jeunes, les hernies sont souvent molles (nucleus pulposus extrudé), plus accessibles aux traitements conservateurs et aux infiltrations. Le pronostic de récupération est généralement meilleur qu'après 60 ans. Le Dr Dimitriu conseille une prise en charge précoce pour éviter l'évolution vers une myélopathie cervicale.
En savoir plus sur les pathologies mentionnées :
• Hernie discale cervicale — présentation complète de la pathologie
• Névralgie cervico-brachiale — trajet, diagnostic et traitement
• NCB : trajet, infiltration et chirurgie — article complet sur la NCB
• Récupération après chirurgie du rachis — guide complet post-opératoire
Sources : HAS (Haute Autorité de Santé, 2025), SFCR (Société Française de Chirurgie du Rachis), EANS (European Association of Neurosurgical Societies), Fountas KN et al. Anterior cervical discectomy and fusion associated complications. Spine. 2007;32(21):2310-2317.
