Hernie discale cervicale
Définition médicale
La hernie discale cervicale correspond à la saillie d'un disque intervertébral cervical (le plus souvent C5-C6 ou C6-C7) comprimant une racine nerveuse ou la moelle épinière. Elle se manifeste par une névralgie cervico-brachiale : douleur du cou irradiant dans le bras, accompagnée de fourmillements ou de perte de force. Le traitement initial est conservateur ; la chirurgie (discectomie cervicale antérieure ou prothèse discale) est proposée en cas de résistance au traitement médical.
SFCR — Dr Christian Dimitriu, neurochirurgien du rachis (FEBNS)
Compression radiculaire ou médullaire — Quand le disque cervical se rompt
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Qu'est-ce qu'une hernie discale cervicale ?
Tout comme au niveau lombaire, les vertèbres cervicales sont séparées par des disques intervertébraux qui servent d'amortisseurs. Lorsqu'un de ces disques se fissure et qu'une partie de son contenu fait saillie, elle peut comprimer un nerf (racine nerveuse) ou, dans les formes plus sévères, la moelle épinière elle-même.
La particularité du rachis cervical est double : d'une part, les nerfs qui y passent commandent les bras et les mains ; d'autre part, la moelle épinière traverse le canal cervical, ce qui rend toute compression médullaire potentiellement plus grave qu'au niveau lombaire. Le niveau le plus fréquemment touché est C5-C6 et C6-C7.
Mécanismes de survenue
La hernie cervicale résulte des mêmes processus que la hernie lombaire, adaptés à la biomécanique du cou :
• Usure discale : la dégénérescence naturelle du disque fragilise l'anneau fibreux
• Contraintes mécaniques : les mouvements répétitifs du cou, le travail sur écran, les positions prolongées « tête penchée en avant »
• Facteur déclenchant : parfois un traumatisme (coup du lapin, sport de contact), mais souvent aucun événement précis
• Terrain : le tabagisme accélère la dégénérescence discale, y compris au niveau cervical
Symptômes & Signes cliniques
Le tableau dépend de la structure comprimée — nerf ou moelle :
Compression d'une racine nerveuse (névralgie cervico-brachiale)
• Douleur du bras : douleur irradiant du cou vers l'épaule, le bras et parfois les doigts — la « sciatique du bras »
• Fourmillements : dans certains doigts précis selon la racine touchée (pouce et index pour C6, majeur pour C7)
• Perte de force : faiblesse du biceps, du triceps ou de la préhension selon le niveau atteint
Compression de la moelle (myélopathie)
• Troubles de la dextérité : maladresse des mains, difficulté à écrire ou à boutonner
• Troubles de la marche : jambes « raides », perte d'équilibre
• Urgence relative : toute atteinte médullaire nécessite un avis neurochirurgical rapide
Diagnostic
• Examen clinique : test de Spurling (pression sur la tête en inclinaison latérale qui reproduit la douleur), recherche de signes médullaires
• IRM cervicale (examen de référence) : visualise la hernie, son rapport avec le nerf et la moelle, et détecte un éventuel « signal de souffrance » médullaire
• Scanner : précise les rapports osseux, utile si l'IRM est contre-indiquée ou avant la chirurgie
• EMG : mesure la souffrance nerveuse et aide à identifier la racine concernée en cas de doute
Traitements
Comme au niveau lombaire, la majorité des hernies cervicales guérissent sans chirurgie :
Traitement conservateur (première intention)
• Repos relatif, collier cervical souple pour une courte durée si nécessaire
• Anti-inflammatoires et antalgiques pour contrôler la douleur aiguë
• Kinésithérapie cervicale une fois la phase aiguë passée : mobilisation douce, renforcement musculaire
• Infiltrations cervicales : foraminales ou épidurales, réalisées sous contrôle radiologique
Traitement chirurgical
• Indications : douleur résistante au traitement médical, déficit neurologique (perte de force), signes de compression médullaire
• Discectomie cervicale antérieure + arthrodèse : la technique la plus classique — le disque est retiré par l'avant du cou et remplacé par une cage qui fusionne les vertèbres
• Prothèse discale cervicale : alternative chez certains patients jeunes, qui préserve la mobilité du segment opéré
• Résultat : taux de succès supérieur à 90 % sur la douleur du bras
Chiffres clés
80 %
D'amélioration spontanée en moins de 2 mois sans chirurgie
C5-C6 / C6-C7
Niveaux les plus fréquemment touchés par la hernie cervicale
15 %
De la population présente une hernie cervicale asymptomatique à l'IRM
Hernie C5-C6 et C6-C7 : symptômes selon la racine comprimée
Les deux niveaux les plus fréquents sont C5-C6 (racine C6) et C6-C7 (racine C7). Reconnaître les symptômes selon la racine touchée permet d'orienter rapidement le diagnostic.
| Niveau | Racine | Douleur / irradiation | Fourmillements | Muscle faible |
|---|---|---|---|---|
| C4-C5 | C5 | Épaule, face externe du bras | Épaule | Deltoïde (élévation du bras) |
| C5-C6 ★ | C6 | Épaule → bras → avant-bras → pouce et index | Pouce, index | Biceps (flexion coude), supinateur |
| C6-C7 ★ | C7 | Nuque → épaule → bras → majeur | Majeur (3e doigt) | Triceps (extension coude), extenseurs du poignet |
| C7-T1 | C8 | Avant-bras interne → annulaire et auriculaire | Annulaire, auriculaire | Muscles intrinsèques de la main (préhension) |
★ C5-C6 et C6-C7 représentent ensemble plus de 70 % des hernies discales cervicales opérées.
À retenir : les fourmillements dans le pouce et l'index orientent vers une hernie C5-C6 (racine C6). Les fourmillements dans le majeur et la faiblesse du triceps orientent vers une hernie C6-C7 (racine C7). Ces repères cliniques simples permettent souvent d'identifier le niveau atteint avant l'IRM.
Récupération et suites opératoires
La chirurgie cervicale par voie antérieure, telle que pratiquée par le Dr Dimitriu, offre une récupération rapide :
• Jour de l'opération : le patient se lève le soir même. La douleur dans le bras est souvent soulagée dès le réveil
• Hospitalisation : 1 à 3 nuits selon le geste réalisé (arthrodèse ou prothèse discale)
• Premières semaines : une gêne à la déglutition et un léger enrouement sont fréquents mais transitoires (quelques jours). Le port d'un collier cervical souple est parfois prescrit pour le confort
• 4 à 6 semaines : reprise progressive des activités quotidiennes et professionnelles. Début de la kinésithérapie cervicale douce
• 3 mois : contrôle radiologique pour vérifier la fusion (arthrodèse) ou le bon positionnement de la prothèse
• 6 mois : reprise complète des activités sportives pour la majorité des patients
Consultation avec le Dr Dimitriu
Spécialiste de la chirurgie du rachis cervical, le Dr Dimitriu réalise un examen clinique minutieux lors de la première consultation : test de Spurling, évaluation de la force musculaire des bras et des mains, recherche de signes de souffrance médullaire. Il analyse vos examens d'imagerie (IRM cervicale, scanner) pour identifier précisément le niveau atteint et le type de compression.
Chaque patient bénéficie d'une prise en charge personnalisée. Le Dr Dimitriu explique clairement les différentes options thérapeutiques — traitement médical, infiltrations ou chirurgie — et vous accompagne dans la décision avec transparence.
Prévention
• Ergonomie du poste de travail : écran à hauteur des yeux, utilisation d'un casque pour le téléphone, pauses régulières pour mobiliser le cou
• Renforcement cervical : exercices isométriques doux pour stabiliser les muscles du cou
• Posture : éviter la posture « text neck » (tête penchée sur le smartphone) qui surcharge les disques cervicaux
• Arrêt du tabac : le tabagisme accélère la dégénérescence des disques cervicaux
Consultations en Île-de-France
Le Dr Dimitriu consulte dans 4 établissements en Île-de-France, facilement accessibles depuis Paris : Clinique de l'Yvette (Longjumeau), Hôpital Privé d'Antony, Clinique du Mont-Louis (Les Lilas) et Hôpital Privé de l'Ouest Parisien (Saint-Cloud). Voir les adresses et prendre rendez-vous.
Questions fréquentes
Le choix dépend de l'âge, du niveau atteint et de l'état des articulations adjacentes. La prothèse discale préserve la mobilité du segment opéré et est privilégiée chez les patients jeunes avec un seul niveau atteint. L'arthrodèse (fusion) est préférée en cas de niveaux multiples, d'arthrose avancée ou d'instabilité. Le Dr Dimitriu discute les deux options avec chaque patient.
La chirurgie cervicale antérieure est très codifiée avec un taux de complications faible. Les risques principaux incluent une gêne transitoire à la déglutition, un enrouement temporaire de la voix et, très rarement, une lésion nerveuse. Le taux de succès sur la douleur du bras dépasse 90 %.
En moyenne, 4 à 6 semaines pour un travail de bureau et 8 à 12 semaines pour un travail physique. La conduite automobile est reprise après 3 à 4 semaines. Le Dr Dimitriu adapte ces délais à chaque situation individuelle.
La douleur postopératoire est généralement modérée et bien contrôlée par les antalgiques. La plupart des patients décrivent une gêne dans la gorge qui disparaît en quelques jours. La douleur dans le bras est souvent soulagée dès le réveil.
Une hernie C6-C7 comprime la racine nerveuse C7. Elle provoque une douleur irradiant de la nuque vers l'épaule, le bras et le majeur (3e doigt), des fourmillements dans le majeur, et parfois une faiblesse du triceps (difficulté à étendre le coude) et des extenseurs du poignet. C6-C7 est l'un des deux niveaux les plus fréquents avec C5-C6. Le Dr Dimitriu identifie précisément le niveau atteint par l'examen clinique et l'IRM cervicale.
La différence se fait principalement sur la localisation des fourmillements et le muscle atteint. Hernie C5-C6 (racine C6) : fourmillements dans le pouce et l'index, faiblesse du biceps. Hernie C6-C7 (racine C7) : fourmillements dans le majeur, faiblesse du triceps. Ces deux niveaux représentent plus de 70 % des hernies cervicales opérées. L'IRM cervicale confirme le diagnostic et précise l'étendue de la compression.
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Sources : SFCR · Spine Journal (Radhakrishnan et al.) · HAS.
